Reportages 2007

Paris : Handichat, une trentaine de grandes entreprises se prêtent au jeu des questions-réponses
Handichat

Du 17 au 21 novembre, les internautes ont pu intervenir en direct sur le Web et proposer leur candidature auprès de trente deux entreprises conviées par l’Agefiph à participer à Handichat, des chats vidéo innovant orchestrés par la société Interneto.

« Une question de kiki72 : quelles sont dans les statistiques les types d'entreprises qui recrutent le plus de personnes souffrant d’un handicap ? » Sur le plateau parisien de la société Interneto, le présentateur relaie les questions des internautes. Face aux caméras, Pierre Blanc, directeur général de l’Agefiph, et Jean-François de Caffarelli, son homologue du FIPHFP, apportent leurs réponses, diffusées en direct sur le Web. Dans l’obscurité, une dizaine de personnes travaillent en silence, comme sur un vrai plateau de télévision : cameramen, webmaster, modérateur, vélotypiste pour la retranscription écrite en temps réel, traductrices LSF… À mi-voix pour ne pas troubler l’interview, Romain Castany, de chez Interneto, explique la mise en place du Handichat.

40 000 connexions en une semaine

« Depuis le début du mois, nous recueillons les questions des internautes qui continuent à arriver pendant l’interview et sont transmises sur l’écran de l’animateur. Durant les 45 mn de l’émission, nous enregistrons de 1 000 à 1 400 connexions. » Ce qui aura fait au total près de 40 000 connexions du 17 au 21 novembre. LVMH, Société générale, Groupe Flo, Total…Trente deux grandes entreprises sont venues se prêter au jeu des questions-réponses, tout en proposant des postes à pourvoir. « Les candidatures ont été recueillies en ligne et transmises aux entreprises après l’émission », poursuit Romain Castany. L’Agefiph, le FIPHFP, l’ANPE, Cap Emploi, l’AFPA et différents acteurs de l’insertion ont également participé lors de cinq « chats conseil ». L’ensemble des interviews restera disponible en ligne sur www.handichat.fr jusque fin décembre.

Sandouville (Seine Maritime) : Visite d’une usine Renault exemplaire
Usine Renault

Du 12 au 18 novembre, l’Agefiph et les entreprises se sont mobilisés pour promouvoir l’emploi des personnes handicapées. Parmi les manifestations prévues : la visite de l’usine Renault de Sandouville.

À l’occasion de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées, l’Agefiph et Renault ont souhaité ouvrir les portes de l’usine du constructeur à Sandouville (Seine-Maritime) aux PME locales. Pourquoi cet établissement de 4 200 salariés ? Parce que le taux d’emploi des travailleurs handicapés y est de 12%. Rappelons que l’obligation légale est de 6%. Ainsi le 16 novembre au matin, une quinzaine de représentants d’entreprises locales, venus de tous les secteurs d’activité, et une quinzaine d’autres issus de structures protégées et d’associations œuvrant dans le domaine du handicap ont d’abord assisté à une présentation de la démarche du groupe Renault en faveur des personnes handicapées. En effet, depuis 1995, le fabricant d’automobiles a signé un accord d’entreprise avec les organisations syndicales et l’Etat pour favoriser l’emploi, l’insertion, la formation et le maintien dans l’entreprise de salariés handicapés. Cet accord a été renouvelé en mai 2006. Résultat : le taux d’emploi global de ces employés est de 7,26% chez Renault sas.

Les PME invitées ont ensuite visité l’établissement de Sandouville, exemple parfait de cette politique volontariste. Ici, une quinzaine de postes ont en effet été présentés. Des tables à roulettes permettent notamment aux employés de faire glisser les roues de secours - 15kg- dans le coffre sans avoir à les soulever. Plus loin, des caisses remplies de pièces sont posées sur des plans inclinées pour éviter que le travailleur ait à se pencher. Les aménagements sont multiples. « Nous avons montré aux visiteurs que des aménagements légers, peu coûteux, peuvent rendre un poste acceptable pour une personne handicapée, souligne Hervé Wibaux, responsable du service Ressources Humaines. Pour cela, nous travaillons avec deux ergonomes de l’usine, les médecins du travail, le service Conditions de travail et la ligne hiérarchique du groupe ». L’usine a également mis en place des fiches « sécurité/ergonomie » qui permettent aux chefs d’équipe d’identifier les contraintes d’un poste et donc de proposer des adaptations. Un outil qui a tout particulièrement intéressé les visiteurs.

Ploufragan (Côtes-d’Armor) : Compétences des Esat au service de l’entreprise
Esat

Le salon de la sous-traitance de Ploufragan a permis la rencontre entre milieu ordinaire et protégé. Une découverte des établissements et services d’aide par le travail pour bon nombre de chefs d’entreprise.

Favoriser la rencontre entre les entreprises du milieu ordinaire et celles du milieu protégé, tels étaient les objectifs du salon, qui a eu lieu le 13 novembre à la Cité des Métiers de Ploufragan dans les Côtes-d’Armor. « Les entreprises ont désormais la possibilité de renforcer la sous-traitance avec nos structures, confie Gérard Breillot, directeur d’Esat (établissements et services d’aide par le travail) et responsable de l’association régionale Aresat. Nous sommes en effet, souvent mal connus, tant pour les services que nous proposons que par la possibilité de valoriser les compétences des personnes handicapées par l’insertion directe ou la mise à disposition. » Un guide des activités était proposé aux visiteurs : « Nous nous présentons en terme de filières et non plus en terme d'établissement, souligne François Le Duc, directeur d'établissement. Il s’agit d’une offre de services globale sur un département avec des référents identifiés. »

Trois tables rondes étaient proposées dans la journée, en présence de chefs d’entreprise et de Patrick Gohet, délégué interministériel aux personnes handicapées. Pour le délégué régional de l’Agefiph, François Massolo, « nous allons désormais nous appuyer sur l’Aresat pour développer d’autres actions d'information sur la sous-traitance, la prestation de services et la mise à disposition de personnes. Un réseau qui fonde son existence sur la reconnaissance et la validation des acquis de l’expérience des personnes handicapées. »

Angouleme (Charentes) : Des jeunes chefs d’entreprise sensibilisés au handicap
Des jeunes

Invitée par la jeune chambre économique Angoulême-Cognac, Sophie Vouzelaud, première dauphine de Miss France 2007, déficiente auditive, a parrainé cette soirée baptisée « Entreprise et Handicap ».

Les membres de la Jeune Chambre Economique Angoulême – Cognac ont eu un coup de cœur pour Jean-Philippe Girel. Travailleur handicapé, il a créé sa propre entreprise de prestation de service dans la logistique. Fort de son succès, il envisage d’embaucher un collaborateur lui aussi victime d’un handicap. Le JCE lui a décerné le premier prix au cours d’une soirée consacrée à « Entreprise et Handicap ». Parrainée Sophie Vouzelaud, première dauphine de Miss France 2007, déficiente auditive, cette remise de trophées a permis de mettre en avant cinq autres entreprises qui, une à une, ont témoigné de leur expérience dans l’emploi de personnes handicapées.

Deuxième entreprise récompensée, 3 MMM, spécialisée dans le négoce de matériaux et dans le bricolage. Cette société emploie six travailleurs handicapés et vient de recruter un ancien chauffeur routier. Après des aménagements de son poste de travail, il est aujourd’hui préparateur de commandes.

Le groupe Taitbout, une caisse de retraite et de prévoyance, est aussi distingué. Il a acquis un matériel adapté (écran et clavier) pour embaucher une personne souffrant de problèmes de vision.

Quatrième lauréat de cette cérémonie, l’entreprise Véolia transport qui assure une partie du transport scolaire en Charente.
Elle compte aujourd’hui sept travailleurs handicapés, notamment plusieurs conducteurs de car.

Le centre de rééducation et de réadaptation professionnelle, Les Glamots, était aussi à l’honneur de cette soirée.
Grâce à des investissements dans le matériel de manutention des malades, il a pu recruter cinq travailleurs handicapés.

Enfin, le dernier prix est revenu à Delage Systèmes, spécialiste du câblage électrique, pour avoir repris, à temps partiel, un de ses anciens salariés, victime d’un très grave accident. Après quatre ans de convalescence, il a réintégré la société qui lui a aménagé un petit atelier de câblage.
« Le travail l’aide à surmonter son handicap. On voit régulièrement les progrès qu’il réalise », témoigne le gérant, Claude Lebournault.

Toulouse : Tournoi de rubgy en fauteuil, public et internationaux valides n’en reviennent pas !

Réelle « ambiance de stade » dans les tribunes lors d’une démonstration de rugby fauteuil au gymnase Arnauné.

Toulouse terre ovale, ville rose, théâtre du rugby et d'un autre rugby. La capitale de
l'Occitanie a accueilli lors de la semaine pour l'emploi des personnes handicapées, un tournoi de démonstration de rugby et rugby à XIII en fauteuil dans le gymnase d'Arnauné. Une réelle découverte de cette discipline pour les 200 spectateurs, venus encourager l’équipe locale, ce mercredi 14 novembre. Les formations de rugby à XIII fauteuil de Vichy et du Thom (Toulouse Handi Ovalie Mixte) ont réellement réussi par le dynamisme de leur jeu à créer une « ambiance de stade ». Pour preuve, cette rencontre qui n'a pas laissé insensible le public. Impression partagée par deux pros, l’ex-international du Stade toulousain, et quatre fois champions de France, Christophe Deylaud et l'ailier de la formation albigeoise de rugby à XIII et ex-international junior néo-zélandais, Peter Lima, tous deux impressionnés par les qualités techniques de tous les joueurs. Dans un deuxième temps, une sélection de Lille et de Nantes a été opposée à l'autre formation du Thom pour en découdre dans une démonstration de rugby fauteuil. À la différence du rugby à XIII fauteuil, le rugby fauteuil offre un jeu tactique, beaucoup plus porté sur le défi. Tout au long du match, les équipes ne se sont pas épargnées à la grande joie des spectateurs valides, totalement conquis par les différentes phases de jeu. Au final, Nantais et Lillois l'ont emporté sur le score de 15-13. « On s'est bien amusé », lançait un joueur toulousain.
Et l'avenir, dans tout ça, à Toulouse, les projets sont légion. Nicolas Coste, cheville ouvrière de la formation toulousaine : « Nous sommes ravis d’avoir pu faire découvrir notre sport à un public valide. C’est motivant pour la suite. D’ailleurs, nous avons pour projet de participer aux deux championnats qui vont se créer à XIII et en rugby fauteuil. »

LA JOURNÉE DES DÉFIS – LE 12 NOVEMBRE 2007

Sport, emploi et accessibilité. Tels étaient les mots d’ordre de la Journée des défis, organisée par l’Agefiph dans les locaux de la Fédération française handisport lundi 12 novembre à Paris. Un événement fort pour sensibiliser le public et lancer la 11e Semaine pour l’emploi des personnes handicapées

Du sport aux côtés des champions paralympiques

« Pour moi, le basket en fauteuil, ce n’est pas une discipline à la marge. C’est vraiment du sport. C’est de la compétition ! » Sofyane Mehiaoui, 24 ans, vice champion de France de basket-ball fauteuil, était l’un des athlètes présents à la journée des défis. Entouré d’autres sportifs médaillés, il était chargé de faire découvrir au public les différentes disciplines paralympiques, dans la perspective des Jeux de Pékin en septembre 2008. En partenariat avec la Fédération française handisport (FFH), les visiteurs ont pu ainsi essayer de nombreuses activités : basket, tennis de table, escrime, tir au laser, sarbacane, et même tandem ! L’occasion pour chacun de prendre conscience de la difficulté des exercices, et donc du talent des compétiteurs. Entre deux dribbles, Sofyane a aussi pu évoquer un autre challenge : la réussite de son insertion professionnelle. « Heureusement que je suis soutenu par des spécialistes pour construire mon projet, car j’ai tendance à ne vivre que pour le sport. Ils m’ont aidé à faire des choix. Aujourd’hui, je vais commencer des démarches pour devenir entraîneur ». L’Agefiph a en effet signé depuis mars 2007 une convention avec la FFH pour accompagner les athlètes handicapés dans leur parcours vers l’emploi.

Du sport aux côtés des champions paralympiques

« Pour moi, le basket en fauteuil, ce n’est pas une discipline à la marge. C’est vraiment du sport. C’est de la compétition ! » Sofyane Mehiaoui, 24 ans, vice champion de France de basket-ball fauteuil, était l’un des athlètes présents à la journée des défis. Entouré d’autres sportifs médaillés, il était chargé de faire découvrir au public les différentes disciplines paralympiques, dans la perspective des Jeux de Pékin en septembre 2008. En partenariat avec la Fédération française handisport (FFH), les visiteurs ont pu ainsi essayer de nombreuses activités : basket, tennis de table, escrime, tir au laser, sarbacane, et même tandem ! L’occasion pour chacun de prendre conscience de la difficulté des exercices, et donc du talent des compétiteurs. Entre deux dribbles, Sofyane a aussi pu évoquer un autre challenge : la réussite de son insertion professionnelle. « Heureusement que je suis soutenu par des spécialistes pour construire mon projet, car j’ai tendance à ne vivre que pour le sport. Ils m’ont aidé à faire des choix. Aujourd’hui, je vais commencer des démarches pour devenir entraîneur ». L’Agefiph a en effet signé depuis mars 2007 une convention avec la FFH pour accompagner les athlètes handicapés dans leur parcours vers l’emploi.

Des candidatures face caméra pour les demandeurs d’emploi

« C’est un énorme “plus” de pouvoir présenter notre formation et notre handicap devant la caméra, comparé à un simple envoi de CV. Notre futur employeur peut nous voir tel que l’on est, et réaliser que nous pourrons faire notre métier aussi bien qu’une personne 100 % valide ». Nedjima Makhloufi, 45 ans, est devenue travailleuse handicapée en 2002 à la suite d’une agression. Actuellement en formation d’agent administratif d’entreprise, elle a pu bénéficier dans le cadre des défis de l’emploi des services de la société Job in live. Pour faciliter le recrutement des personnes handicapées, l’Agefiph avait en effet mis en place cet atelier d’enregistrement vidéo. Un outil révolutionnaire pour les deux parties. Du côté des demandeurs d’emploi, la vidéo permet qu’ils soient jugés sur leurs seules compétences, le handicap disparaissant de l’équation. Du côté des chefs d’entreprise, le procédé leur offre la possibilité d’une première “rencontre” sans aucune contrainte logistique.

Tester les handicaps et trouver son chemin

Se mettre dans la peau d’un touriste porteur d’un handicap qui arrive à son hôtel. Voilà le défi “accessibilité” qui était proposé au public valide dans le hall d’accueil de la résidence internationale de Paris. Après avoir tiré au sort un papier désignant leur handicap (mobilité réduite, déficience visuelle ou auditive) et après s’être équipées d’un fauteuil roulant, de lunettes opaques ou de boule quiès, les personnes qui le souhaitaient pouvaient s’adonner à un petit parcours. Objectif : se confronter aux obstacles du quotidien pour mieux appréhender les enjeux de l’accessibilité. « J’ai testé la déficience visuelle et auditive pour voir si ces mises en situation peuvent être une bonne idée pour faire évoluer les mentalités au sein de mon entreprise, raconte Matthieu Penaud, responsable de la mission handicap à la Société Générale. À mon avis, elles entraînent une forte prise de conscience individuelle et peuvent être efficaces en comité restreint lorsqu’une personne handicapée est intégrée dans une équipe. Après avoir “vécu” le handicap, les salariés vont savoir quelle aide concrète ils peuvent apporter à leur collègue. Je crois que tant qu’on n’a pas essayé, on ne réalise pas ». En effet, sortir sa valise du coffre de la voiture, monter jusqu’à sa chambre par l’escalier, y entrer, ouvrir la fenêtre et boire un verre d’eau les yeux bandés ne fut pour personne une mince affaire...