Reportages 2009
- Auch (Gers) : Les questions des entreprises sur l'embauche d'une personne handicapée
-
Les entreprises du Gers étaient conviées le mercredi 18 novembre à participer à un petit-déjeuner organié par l'Agefiph.
Le but de cette rencontre à Auch était d'exposer le contenu des aides du plan de soutien 2009-2011, mis en place par l'Agefiph, mais aussi de répondre aux questions des entreprises désireuses d'employer une personne handicapée.Des représentants de l'Union Patronale du Gers, de Cap Emploi,du Pôle Emploi,de la Médecine du Travail, ou encore de la Sameth (Service d'appui au maintien et à l'emploi des personnes handicapées ont repondu à chacune d'entre elles.
Nouer des relations de confiance
Comment savoir si un salarié a un handicap, comment le convaincre de se déclarer comme salarié handicapé, comment rencontrer des personnes handicapées, quelles sont les aides disponibles à l’embauche, au tutorat ou à la mobilité, faut-il aménager le temps de travail des travailleurs handicapés ? La clinique du docteur Carlier, confrontée à l’embauche d’une personne ayant un handicap auditif, était venue s’informer sur les modes de calcul des quotas. La coopérative agricole Vivadour a exposé sa volonté de recourir á de la sous-traitance. Le groupe immobilier Square Habitat a indiqué, au contraire, vouloir créer un poste sédentaire. La société Mercedes a exposé les difficultés qu’elle avait à rencontrer des personnes handicapées en vue d’une embauche. La société Guyenne et Gascogne, propriétaire d’un magasin Carrefour , a détaillé le programme handicap signé dans la société depuis trois ans… Dans chaque entreprise un cas particulier, mais pour toutes le même enjeu : au-delà des formalités et des aides à l'embauche, comment nouer des relations de confiance avec un salarié pour que le statut de travailleur handicapé ne soit plus une étiquette difficile à assumer ?
- Cébazat (Auvergne) : Un job-dating qui fera date
-
Cap emploi 63, dans le cadre de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées, a organisé un job-dating dans les locaux de la salle des fêtes de CCap emploi 63, dans le cadre de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées, a organisé un job-dating dans les locaux de la salle des fêtes de Cébazat, au nord de Clermont-Ferrand.
Vingt entreprises locales ont répondu présent, avec, dans leurs bagages, 70 offres d’emploi. Face à eux, 90 demandeurs d’emploi, tous reconnus handicapés. Ils avaient, au préalable, préparé leurs entretiens lors de formations collectives. « Nous avons pu organiser 130 entretiens au cours de la journée, explique Julien Fournier, de Cap emploi 63. Et tout s’est très bien passé. En parallèle à ce job-dating, un espace dédié au conseil et à l’informations des entreprises avait été installé. La Sameth départemental, des représentants de la Direction Départementale du Travail et de Formation, de la médecine du travail, Cap emploi, l’Agefiph et le PDITH étaient sur place pour répondre aux questions.
Des embauches et des stages à la clé
Si les deux premières éditions du job-dating auvergnat avaient eu nombre d’échos positifs, cette dernière édition est d’ores et d éjà mémorable, puisqu’à peine une semaine après la manifestation, trois embauches ont ét é concr étis ées, et plusieurs stages obtenus. « C’est vrai que ça d émarre plutôt bien. Il faut dire que nous avions bien pr épar é l’ évènement, et que nos offres d’emploi étaient très diversifiées, allant du secteur administratif à celui de l’industrie, en passant par la restauration. De cette façon, nous étions assur és qu’employeurs et demandeurs allaient trouver des terrains d’entente », conclut Julien Fournier.
- Charleville-Mézières (Rhône-Alpes) : « Un collaborateur handicapé n’est pas un handicap »
-
C’est à Isotip, entreprise de fabrication de conduits de cheminée, implantée à Charleville-Mézières, que s’est déroulée cette année la remise des « Prix d’honneur » pour les entreprises innovantes dans l’embauche et maintien dans l’emploi de personnes handicapées.
En présence de Pierre Privat, délégué régional de l’Agefiph, et Elisabeth Faille, vice-présidente du Conseil général, François de Saint-Gilles, président du Medef des Ardennes, a remis les prix d’honneur 2009 aux responsables de cinq entreprises s’étant distinguées par des actions spécifiques envers des personnes présentant un handicap. « C’est le rôle social de toute entreprise de trouver des solutions pour aménager des postes », a souligné Luc Poulat, directeur de Estamfor, une usine de forge-estampage de 150 salariés qui suit de façon régulière neuf salariés handicapés. La société Champagne Ardenne Sécurité Incendie, basée á Saint-Laurent, a elle aussi été mise á l’honneur pour l’emploi de Patrice Pire au poste chargé de l’entretien et de la vérification des extincteurs : « Ils m’ont aidé à remettre le pied à l’étrier alors que j’avais été licencié pour inaptitude à cause de problème à la colonne vertébrale ». Même cas de figure pour l’entreprise de négoces de matériaux, Gedimat-Spire, qui a tout fait pour aménager le poste de travail de Bruno Hulin. Amputé du bras droit, il est approvisionneur sur deux sites. « Depuis qu’il travaille à son aise, il se montre très performant », constate Jean-Christophe Thuot.
Des créations d’emploi récompensées
Lauréates dans la catégorie «créations d’emploi», Ladurelle Electricité a embauché à Carignan, Kevin Dereppe, 21 ans, déficient auditif. « Il est devenu l’homme à toutes mains de la société», remarque le patron. Et l’E.U.R.L. Bostvironnois a intégré dans son effectif Christophe Park. Déficient intellectuel, il a tout de suite démontré une réelle motivation. «Ce qui lui vaut, aujourd’hui, d’être « aidant » dans notre commerce de boucherie, charcuterie et traiteur. C’était une façon de le récompenser de sa forte implication dans notre négoce. Un travailleur handicapé n’est pas un handicap. Loin de là ! », a souligné le responsable de l’entreprise.
- Châteaudun (Eure-et-Loire) : Une rencontre prometteuse pour la sous-traitance
-
Dans le cadre de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées, un petit-déjeuner était organisé, à l’initiative du Cap emploi d’Eure-et-Loir, dans les locaux de l’Etablissement et Service d’Aide par le Travail (Esat) de la Brouaze, à Châteaudun.
Au menu des entreprises qui ont fait le déplacement, une visite de l’établissement et de ses services de sous-traitance. Une activité tournée depuis des années vers le secteur industriel en général, et vers celui de l’automobile en particulier. «Les compétences de cet établissement sont étonnantes, explique Béatrice Chupin, directrice de Cap emploi, Les personnes qui y travaillent sont capables de beaucoup de minutie et de précision. Ils fabriquent, entre autres, des capteurs électroniques, ce qui requiert un réel savoir-faire. »
Des entreprises agréablement surprises
Les entreprises qui avaient été invitées à la manifestation, après une présentation de l’établissement, ont donc pu se rendre compte sur place du travail accompli, en ayant la possibilité de voir les personnels en pleine action. Et elles n’ont pas été déçues ! Elles qui sont issues des secteurs de l’industrie ou de la réinsertion professionnelle en sont reparties satisfaites et agréablement surprises.«Les compétences de ces personnes handicapées ont été démontrées, et tel était l’objectif. Tout au long de la semaine, Cap emploi s’est, en tous les cas, efforcé de les mettre en valeur », ajoute Béatrice Chupin.
- Château-Thierry (Picardie) : Chasse à l’emploi
-
Dans le sud de l’Aisne, partenaires sociaux et entrepreneurs ont organisé un jeu de piste histoire de lever le voile sur les possibilités d’embauche du bassin d’emploi.
On peut dire que le sud de l’Aisne s’est mobilisé pour l’insertion des personnes handicapées ! À l’occasion de la 13e semaine pour l’emploi des personnes handicapées, du lundi 16 au vendredi 20 novembre, Pôle Emploi, la Mission locale, la Maison de l’emploi et de la formation du Pays sud de l’Aisne et Cap Emploi 02 ont organisé divers ateliers pour mettre en relation les recruteurs et les demandeurs d’emploi handicapés. Opération originale, un jeu de piste a été mis sur pied. Dix-sept sociétés axonaises ont joué le jeu. De Mac Donald aux agences d’intérim (Manpower, Supplay, Randstat, Adecco…) en passant par les ambulances Favier ou le laboratoire Paillot, elles ont accueilli une cinquantaine de personnes handicapées, réparties en petits groupes.
Visites d’entreprises
L’idée était simple : présenter les entreprises locales ayant des postes « handi-accessibles » à pourvoir. Comment ? Grâce à un « rallye emploi ». « Nous devions découvrir les noms des entreprises à visiter via des énigmes, explique Françoise, membre d’une équipe de demandeurs d’emploi handicapés constituée pour l’occasion. C’était stimulant et amusant ! » Le lendemain, bonnes réponses en poche, le groupe de Françoise a donc visité trois sites : un chantier de travaux publics attribué à Vallet Saunal à Grisolles, les locaux de Sovis à Chéry-les-Pouilly et la pizzeria Il Calcio en face de la gare de Château-Thierry. Petit bémol, toutefois. «Nous n’avons pas pu choisir les entreprises que nous voulions découvrir. » Françoise, à la recherche d’un poste de secrétaire, a ainsi pu déposer les CV qu’elle avait consciencieusement travaillés en début de semaine.
- Lyon (Rhône-Alpes) : Handichat, une fenêtre ouverte pour les déficients visuels
-
La Fidev (fédération pour l’insertion des déficients visuels) a mis à disposition de déficients visuels plusieurs ordinateurs équipés de logiciels adaptés, le 16 novembre dernier.
Reconnue handicapée, depuis 2000, Marie-Odile Reynaud, 42 ans, est confortée dans son parcours professionnel. Les mots drôles mais justes de Jamel Debbouze aux côtés du directeur général de l’Agefiph, Pierre Blanc, lui ont rappelé que déficience visuelle ne limitait pas forcément les perspectives. Sa pathologie n’a cessé de s’aggraver depuis toute jeune. Employée dans le textile, elle cache son handicap à sa direction et ses collègues. Elle devient même déléguée du personnel. Un médecin du travail la convainc alors d’adopter le statut de travailleur handicapé. Elle se reconvertit, et enfile la blouse d’aide-soignante. « Je voulais prouver qu’une personne handicapée pouvait faire autant qu’un valide ». Contrainte de s’arrêter, elle envisage une nouvelle reconversion. Sa vocation, c’est l’aide à la personne : « Je veux rester dans ce secteur, être celle qui apporte soin de confort et bien-être aux patients par le toucher et le massage ». Pour cela, sa déficience visuelle n’est pas un handicap !
Ne pas dissimuler son handicap
Grâce à la Fidev et à l’Agefiph, elle s’inscrira dans une formation. Devant Handichat, elle fut particulièrement attentive à la séquence « rédaction de CV et entretien d’embauche ». Jusqu’à présent, elle avait toujours dissimulé son handicap… Faut-il jouer la sincérité ? « Oui par honnêteté, au cours de l’entretien », précise à côté d’elle, Thierry Sabatier, déficient visuel, chargé de l’étude des postes à la Fidev. Avec Handichat, Marie-Odile a en plus découvert les logiciels adaptés : le grossissement, la modification des couleurs, le synthétiseur vocal…
- Metz (Lorraine) : Visite guidée sur le chantier du Centre Pompidou
-
L’Agefiph et Cap Emploi ont choisi d’emmener des personnes handicapées à la découverte des métiers du bâtiment.
Ce mardi 17 novembre, l’entreprise de bâtiment et de travaux publics, Demathieu et Bard, accueille sur le chantier du nouveau Centre Pompidou à Metz, les élèves de l’ERP –Etablissement de reconversion professionnelle- Jean Moulin. Le groupe est mixte, composé de jeunes handicapés de 13 à 15 ans et d’adultes victimes de maladies invalidantes, en cours reconversion professionnelle. Revêtus de la combinaison résglementaire, casque et chasuble, le groupe éscoute attentivement le guide devant l’immense construction. Jean Paul Batsch évoque les enjeux de cette opération inésdite de décentralisation culturelle, pour « le plus grand musée d’exposition temporaire du pays ». Il caractésrise l’ampleur du chantier, la coordination des nombreuses entreprises et des corps de métier, nécessaire à la construction d’un édifice qui marie le bois, le métal, le verre et le béton. Visiblement impressionnés, les visiteurs sont au spectacle. Certains prennent en note les données majeures ésnoncées par le guide.
Une visite propre à susciter les vocations
À l’entrée, se dresse l’immense forum, sorte de hall de gare lumineux d’aspect futuriste. Les regards se perdent vers les voûtes de la grande nef, espace flexible d’exposition de 1200 m2 sur 22 m de hauteur. Jean Paul Batsch, qui connaît son affaire, présente le studio de création. Partout, des professionnels équipés s’affairent aux finitions. Direction, les galeries d’exposition aux étages, puis visite de la charpente en lamellé-collé. Tous se déclarent impressionnés par le professionnalisme des hommes, leur application sur les finitions et la coordination des travaux. « C’était très instructif. J’aimerais devenir dessinateur de plans et chargé de suivi de chantier » confie le jeune Eric. Interrogés à l’issue de la visite, certains adultes se tourneraient volontiers vers le Bureau d’études. « Ils ont posé des questions judicieuses, réfléchies, et sont restés à l’écoute de bout en bout » savoure Jean Paul Batsch.
- Montmorot (Franche-Comté) : La région mobilisée pour les Olympiades des métiers
-
Ils étaient 152, tous référents emploi-formation handicap à être invités à la quatrième rencontre régionale. L’occasion de découvrir un ambitieux projet.
Au cours de cette journée, studieuse, au CFA de Montmorot (Jura), l’Agefiph et le Conseil régional ont présenté leur nouvel accord-cadre qui, pour 2009 et 2010, définit les nouvelles priorités en matière de formation. L’occasion d’inciter, avec Éric Dalhquist, les organismes de formation à détecter les stagiaires de la formation professionnelle et les apprentis les plus doués, pour participer aux Olympiades des métiers. « Cette compétition, depuis plus de 50 ans, s’apparente aux Jeux olympiques, a détaillé le délégué régional de l’Agefiph, en Aquitaine. Elle permet aux jeunes de montrer les qualités professionnelles qu’ils ont développées au cours de leur formation, par des épreuves normées. Des Jeux paralympiques, là aussi, ont été développés, pour permettre au public handicapé de concourir ».
Une équipe de France des métiers
À l’issue des compétitions régionales, les meilleurs (756 cette année, en février, à Lille) concourent au niveau national, pour constituer l’équipe de France des métiers. Et c’est la grande nouveauté : « Nous allons faire une seule équipe de France, intégrant les personnes handicapées, qui auront l’occasion de démontrer, de façon magistrale, leurs compétences, a souligné Éric Dalhquist. Mais, pour cela, nous comptons sur vous ».
- Montpellier (Languedoc-Roussillon) : Une nouvelle mission pour dynamiser la formation des personnes handicapées
-
Animer le réseau des acteurs de la formation des personnes handicapées. Tel est le rôle de la mission nouvellement créée par l’Agefiph Languedoc-Roussillon. Présentation de ce nouvel outil.
La formation marque bien souvent la première étape de l’accès à l’emploi. C’est pour cette raison que l’Agefiph Languedoc-Roussillon vient de créer la mission d’animation régionale de formation des personnes handicapées (ARF-PH).« Notre rôle est de dynamiser le réseau des « référents personnes handicapées » dans les centres de formation et, gràceàdes enquêtes de terrain, analyser les besoins des demandeurs d’emploi handicapés pour permettre aux partenaires d’améliorer leurs offres de formation » explique Mylène Besson, chargée de la mission ARF-PH. La semaine nationale pour l'emploi des personnes handicapées était donc une belle occasion pour présenter ce nouvel outil auprès des organismes de formation de la région. Un rendez-vous réussi. Une cinquantaine de personnes ont assisté au petit déjeuné organisé le 19 novembre, comme Dominique Teyssedre, psychologue à IPS formation : « Je suis venue pour découvrir la mission de l’ARF-PH et pressentir les collaborations possibles ».
Un partenariat qui porte ses fruits
L’ARF-PH a vu le jour grâce au renouvellement du partenariat entre l’Agefiph et la Région Languedoc-Roussillon pour le développement de la formation professionnelle des personnes en situation de handicap. Cette collaboration a déjà permis d’accroítre de prè de 50 % le nombre d’entrées en formation de personnes handicapées. Et les chiffres devraient continuer de gonfler grâce à la mission ARF-PH.
- Nice (Alpes-Maritimes) : Le Bus Tour 06 sur les routes
-
Symbolique et innovante initiative pour les Alpes-Maritimes : un bus spécialement aménagé a sillonné le département.
Le Bus Tour 06 a fait une escale, par bassin d’emplois, pour venir à la rencontre d’un public plus large. À son bord, associations et structures d’aide à l’insertion, collectivités, mais aussi entreprises, toutes mobilisés. Et dans chaque commune traversée, un accueil chaleureux, comme à Nice où Dominique Estrosi-Sassone, adjointe au maire en charge de la politique de la ville, était accompagnée de Sandrine Fillipini, conseillère municipale déléguée au handicap, pour soutenir les nombreux participants. « Avec ce bus aménagé, notre objectif était de créer un véritable lien, non seulement entre les personnes, mais aussi entre les territoires », souligne Stéphane Schler, coordinateur de la manifestation. « C’était aussi notre manière d’utiliser à plein cette semaine de médiatisation et d’échanges, avec une ville-étape par jour. Et si nous avons commencé notre Bus Tour 06 par Menton, le plus excentré des bassins d’emplois, ce n’est pas un hasard : le problème du handicap et de l’insertion touche tout le monde ».
« 80 % des handicaps compatibles à une activité »
Une philosophie qui a porté ses fruits : documentation, traducteurs en langue des signes et partenaires pour un dialogue direct et efficace, l’opération azuréenne s’est révélée dynamique et généreuse. Ce qui ne doit pas faire oublier la réalité, rappelée par Marc Dujardin, délégué régional Agefiph : « Il reste de nombreux écueils pour faciliter l’insertion, non pas dans le volontarisme que nous manifestons ou dans les moyens financiers, mais sur le regard global porté sur le handicap. Pourtant, 80% de ces handicaps sont compatibles à une activité professionnelle sans imposer de trop lourdes contraintes aux employeurs. S’il y a un message à faire passer, c’est bien celui-ci ». De Cannes à Menton, en passant par Carros, Grasse, Antibes et Nice, l’information est passée.
- Paris : Claudie Haigneré au forum « Femme, travail et handicap »
-
La FDFA* organisait le 19 novembre son 4e Forum national à la mairie du 18e arrondissement de Paris, sous les auspices d’une marraine « cinq étoiles » ! Le thème de cette année : « Femmes, travail et handicap »
Claudie Haigneré, présidente de la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris, ancienne ministre et spationaute, parrainait, le 19 novembre, le 4e colloque de l'association FDFA* sur le thème « Femmes, travail et handicap ». Qui mieux que cette « battante », adoptée par les milieux scientifiques fermés - et trés masculins -, pouvait battre en brèche la double difficulté d’être femme et en situation de handicap face au monde du travail ? « Il y a dans tous les domaines des femmes formidables qui doivent être reconnues. Mais aujourd'hui, les choses ne sont pas encore au point. Alors nous avons besoin d'actions volontaristes et il faut que certaines femmes acceptent de prendre des responsabilités pour le compte des autres », a-t-elle déclaré à Maudy Piot, présidente de la FDFA, elle-même malvoyante. Avant d’ajouter : « Vous savez, j'en ai poussé des portes et j'ai eu la chance d'avoir suffisamment de bagages dans mon sac à dos pour avoir confiance. Mais ce n'est pas tout, j'ai aussi eu la chance d'avoir une famille et un mari qui m'ont soutenue. On se construit avec les autres et c'est aussi ce que les femmes présentes à ce forum défendent aujourd'hui ». Une belle leçon de courage et de vie pour toutes les femmes présentes lors de cette journée d’échanges.
« Repousser ses limites… »
Claudie Haigneré comptabilise vingt-cinq jours dans l’espace. Elle a réellement su donner un coup d’envoi, plein d’éclat et de chaleur à ce forum. Aux côtés de Véronique Dubarry, adjointe au maire de Paris, chargée des personnes handicapées, la spationaute a rappelé combien il est essentiel pour chaque femme de « repousser ses limites, de prendre des risques, de changer de territoires et de carrière». Et ce avant de conclure en s’adressant à Maudy Piot : « C'est pourquoi j'ai une très grande confiance en vous et en votre action ! » Le message est passé.
*« Femmes pour le dire, femmes pour agir »
- Poitiers (Poitou-Charentes) : Un atelier socio-esthétique pour éviter de broyer du noir
-
Le Cap emploi de la Vienne proposait, durant trois jours, son atelier socio-esthétique à Poitiers et Châtellerault. Ambiance.
Studieuses et attentives. Les sept personnes handicapées, présentes dans les locaux de Cap emploi de la Vienne, ce vendredi 20 novembre, ne disent mot face à l’exposé de Françoise Rougier, socio-esthéticienne. Ce matin, il est question de bien-être et d’image de soi. La gente féminine se régale avec les conseils en cosmétique et autres soins du visage. Tout comme d’ailleurs Stéphane et Mickaël qui n’en perdent pas une miette ! « Cela fait la deuxième année que je participe à cet atelier, c’est très intéressant, explique Stéphane, 40 ans, paysagiste en recherche d’emploi. On apprend vraiment comment se présenter à un entretien d’embauche mais surtout on reprend confiance en soi à l’issue de cette journée». Conseils pratiques, astuces de grand-mère pas chères, bonnes adresses…, la recette de Françoise Rougier ne manque pas de piment : « Je suis là avant tout pour les aider et les conseiller dans la bonne humeur. Par le biais de conseils en bien-être, en présentation, en maquillage, en coiffure…, je tente avant tout de remotiver et de redonner confiance à ses personnes handicapées qui, pour certaines d’entre elles, se sentent parfois isolées dans leur vie de tous les jours ».
Oser les couleurs vives !
La matinée aura porté ses fruits. « Désormais, je saurais comment bien me nettoyer le visage », lance Valérie. Même effet pour Mickaël qui s’est prêté au jeu du nettoyage en direct. L’après-midi, le volet « prendre soin de soi » a laissé place « aux couleurs ». « Pour cet atelier, je viens avec des échantillons de tissus de toutes les couleurs, explique Françoise Rougier. Par associations, je tente de démontrer que certaines teintes de vêtements se marient très mal ». Des conseils vestimentaires qui ne laisseront personne insensible. « Je suis venu ici pour apprendre à m’habiller avec goût », avoue Mickaë. « C'est quelque chose de primordial face à un employeur », ajoute Marie-Line. Pas de chemise à carreaux avec une cravate à pois, oser les couleurs chaudes, voire vives…, cette journée aura permis de ranger les costumes et les tailleurs sombres au placard. Sans broyer du noir. « Objectif atteint ! »
- Saint-Gilles-Les-Bains (La Réunion) : Rencontres et échanges autour d’un emploi
-
Entre concours de pêche, initiation au yoga, séance de relooking et atelier CV, l’Agefiph de La Réunion et ses partenaires se sont montrés très actifs en proposant une multitude d’ateliers aux demandeurs d’emploi handicapés réunionnais.
Si chaque jour, l’opération « Un jour, un métier en action » s’est déroulée dans de nombreuses entreprises de l’íle de La Réunion, plusieurs temps forts agrémentaient la 13ème édition de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées. Comme la journée du mercredi 18 novembre sur le port de Saint-Gilles, dans l’ouest de l’île où divers ateliers thématiques et des rencontres avec des employeurs publics et privés étaient proposés. Le temps d’une journée, l’Agefiph de La Réunion et ses partenaires (DTEFP, FIPHFP, Cap Emploi) ont fait naître sur le port de la station balnéaire réunionnaise un véritable village dédié à la recherche à l’emploi pour les demandeurs d’emploi handicapés. Après une inscription autour d’un petit-déjeuner qui permit de faire tomber les barrières, chaque participant a rejoint son atelier.
Un petit geste pour un grand changement
Et il y avait le choix. De la rigueur avec l’Atelier CV ou l’art et la manière de présenter un « bon » CV en test réel puisque le personnel de Pôle emploi délivrait en direct les précieux sésames pour l’embauche. De l’action avec les ateliers « entretiens-conseils » où des employeurs du secteur public et privé, des DRH, le Pôle Emploi et l’agence d’interim Adecco initiaient les demandeurs d’emploi à mieux passer un entretien d’embauche. De la considération de soi avec l’atelier « relooking » où un petit geste peut apporter un grand changement dans la manière d’être perçu par son éventuel employeur. Puis, pour finir, de la détente pour un atelier « Yoga ». Cette initiation, en posture assise, était ciblée sur la gestion du stress et de la confiance en soi. «85% des handicaps ne se voient pas, mais quand on se retrouve devant un éventuel employeur, on ne peut pas le cacher. Il faut savoir bien le gérer. Cette journée a permis aux personnes handicapées de se mettre en situation pour mieux aborder leur recherche », souligne avec un large sourire, Hubert de Rigaud, délégué régional de l’Agefiph.
- Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) : Poser un regard différent sur le handicap au travail
-
Dans le cadre de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées, des responsables d’entreprises ou de services et des demandeurs d’emploi se sont retrouvés à Saint-Nazaire le temps d’une après-midi autour d’ateliers ludiques. Objectif : poser un nouveau regard sur le handicap dans le milieu professionnel.
Comment réagirions-nous si au sein de notre entreprise, une personne handicapée était embauchée ? Quelle serait notre réaction ? Quelle attitude devrions-nous adopter pour bien l'accueillir ? À quels changements devons-nous nous attendre au quotidien ? Autant de questions abordées sur le mode théâtral, le 16 novembre dernier à Saint-Nazaire. Une après-midi initiée par Cap emploi, l’Agefiph des Pays de la Loire et Opcalia et animée par Marianne Henri du théâtre d’entreprises Scènergie. Au programme, des saynètes mettant en scène des employeurs et des demandeurs d’emploi en situation de handicap ; saynètes autour de l’apparence, du face à face, de la gêne ressentie face à un inconnu…
Ronan Pallier, médaillé aux Jeux de Pékin
Ils se nomment Franck, Patricia, Christine, Odile, Bruno ou encore Lucie. Tous ont joué le jeu, ignorant la situation de leur voisin. « Ce genre d'ateliers est l'occasion d'échanger entre des personnes qui ne se connaissent pas, de poser un autre regard, de modifier ses habitudes », explique Marianne Henri. Autre atelier, autre expérience : en présence de Ronan Pallier, athlète malvoyant, médaillé aux jeux paralympiques de Pékin, chaque individu présent, un masque sur les yeux, a ainsi découvert le quotidien d'une personne privée de vision. Une situation qui a soulevé nombre de questions et a débouché sur un débat portant sur les préjugés, sur les idées arrêtées qui animent chacun d'entre nous quand il est confronté à une personne en situation de handicap au sein de son travail.
- Tarnos (Landes) : Le forum de tous les contacts
-
Le deuxième forum "Se former, un pas vers l'emploi" s’est tenu à Tarnos le 19 novembre. À l’initiative de Cap emploi, cet événement a regroupé une vingtaine d'intervenants aquitains de la filière.
Salle Maurice Thorez à Tarnos, difficile de voir que le forum est destiné aux personnes handicapées. La majorité des personnes présentes n'ont pas de handicap visible. Dans tous les cas, tous sont satisfaits d’être face à autant d'organismes pouvant les aider. À l'image d'Alain, 45 ans, ancien conducteur routier, qui ne peut plus exercer ce métier suite à un accident cardiaque : « Aujourd'hui, je veux devenir boulanger-pâtissier. C'est génial, il y a tout sur place, formation, financement, reconnaissance de l'inaptitude. C'est vraiment important pour nous ce genre de forum ».
Au contact des personnes handicapées
Ce forum n'est pas seulement utile aux personnes qui subissent un handicap. Il l'est également pour tous les exposants. Ceux qui sont au contact toute l'année de ces travailleurs handicapés. « Le plus grand problème dans mon travail c'est l'information, concède Florence Vareilhas du Fongecif aquitaine. Ici tous les partenaires sont là et j'agrandis mon réseau. Je vois ce qu'il est possible de faire, de proposer, ça va m'aider dans mon travail ». Dans le complexe parcours de la formation professionnelle ou de la reconversion, le handicap ajoute une difficulté supplémentaire. Souvent désorientées, les personnes handicapées ont cette fois pu trouver sur un même lieu l'ensemble des interlocuteurs intervenant dans la réinsertion.
- Villeneuve-d’Ascq (Nord) : Partage d’expériences chez Norpac
-
L’entreprise Norpac et l’Agefiph Nord-Pas-de-Calais ont réuni une dizaine de référents travailleurs handicapés du secteur public et privé pour un temps d’échange et de partage baptisé « Dénomination ».
Norpac, implanté dans le parc de la Haute Borne à Villeneuve d’Ascq, s’engage dans la diversité. Plus précisément en faveur de l’emploi des personnes handicapées. La preuve ?
La table ronde co-organisée, le 20 novembre dernier, par cette filiale de Bouygues Construction et l’Agefiph Nord-Pas-de-Calais. « L’idée était simple : inviter plusieurs référents travailleurs handicapés du secteur privé et public à échanger et partager autour des bonnes pratiques », explique Yvan Talpaert, délégué régional adjoint de l’Agefiph Nord-Pas-de-Calais. Pari réussi ! Pendant près de trois heures, une cinquantaine de personnes se sont, ainsi, nourri des démarches engagées et des expériences menées par Norpac, la ville de Villeneuve-d’Ascq, la LMCU (Lille Métropole Communauté Urbaine), Cofidis, l’Afpa et le Conseil Régional Nord - Pas-de-Calais.
En présence de Bachir Kerroumi, économiste
Au programme de la table ronde : maintien dans l’emploi, management de la diversité, plan régional de formation, place et rôle du référent au sein de l’entreprise... Et cerise sur le gâteau : la présence de Bachir Kerroumi, économiste à la Mairie de Paris, chercheur associé au laboratoire Lipsor.
(Cnam de Paris) et auteur de nombreux ouvrages sur le handicap. Aveugle à l’âge de 18 ans, cet ingénieur de recherche, « Mandela des personnes handicapées qui lutte quotidiennement contre l’apartheid dans les entreprises », a apporté une expertise pointue sur les débats.
